Interview

Certificat de spécialisation Gestion des connaissances, levier de transformation

1 octobre 2018

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Jérôme Braemer 01 40 27 20 36
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Interview de Gonzague Chastenet de Géry, professeur associé au Cnam-INTD et directeur associé d’Ourouk, cabinet spécialisé dans le conseil en management de l'information. Au Cnam, il est en charge du certificat de spécialisation Gestion des connaissances, levier de transformation.

llivreVous êtes l’auteur de « Le Knowledge management : un levier de transformation à intégrer », qui vient de paraître aux éditions Deboeck Supérieur.

Dans cet ouvrage, vous élargissez la définition traditionnelle du KM en tant qu’association de la capitalisation (conserver en valorisant) et de la collaboration (transmettre en travaillant ensemble). Vous proposez une démarche de gouvernance, résolument humaine, qui ouvre de nouvelles perspectives au management d’aujourd’hui.

  • Selon vous, qu’apportent les démarches KM ?

La gestion des connaissances permet tout aussi bien d’innover que de démultiplier ce qui a fait ses preuves. Plus globalement, on peut identifier, dans les apports du KM, des réponses à des enjeux dynamiques (innover, intégrer de nouvelles compétences et les conserver, développer la transversalité, réussir une fusion/acquisition, manager les experts mais aussi manager les équipes autrement, etc.) et aussi à des enjeux plus conservateurs (la pérennité de l’entreprise, des gains de productivité, la gestion des risques, etc.).

  • Quels sont ses leviers ?

Des leviers de gouvernance et des leviers techniques (portail KM, structuration de l’information). Les leviers de gouvernance concernent autant l’entreprise (processus KM, communication d’un sponsor), les communautés (communautés de pratique en particulier) ou la personne (réflexivité sur ses travaux, parcours de professionnalisation, conversation et sentiment de confiance, etc.).

  • Quels sont les spécificités du KM au sein d’une démarche de transformation numérique ?

Je répondrai par une anecdote à peine arrangée. Imaginez un responsable de la R&D qui doit transformer ses processus. Lundi, il reçoit un expert en dématérialisation qui va lui vanter les apports de nouveaux outils comme les cahiers de laboratoire électroniques (eLN ou les LIMS), mardi c’est un expert en Big Data qui en outre annonce son collègue-expert en intelligence artificielle pour le mercredi, le jeudi c’est la DSI qui va promouvoir le poste de travail digital intégré et vendredi l’expert KM parlera de tout le reste (le collaboratif, ce qui ne relève pas de la technologie et des Data en particulier, ce qui demande de la gestion de communautés, ce qui relève du développement de l’expertise des chercheurs et techniciens). Le samedi, il se dira qu’il est bien difficile de choisir parmi ces leviers qui sont tous pertinents et qu’il faudra sans doute un programme de transformation numérique. Associer des leviers au sein d’un programme ne veut pas dire tout mélanger et tout confondre.

  • Comment envisager une démarche KM dans ses interactions avec les autres processus qui structurent les organisations ?

Aujourd’hui un responsable du KM doit travailler avec les responsables des processus métier pour favoriser les transformations. Il doit aussi collaborer avec les responsables qualité, communication et RH. C’est un signe de maturité que n’être plus « hors sol » !

  • En particulier, comment transforment-elles les métiers ?

On peut observer comment le KM transforme la R&D en amont ou la relation client en aval. Par exemple, il faut observer comment la gestion des connaissances a sensiblement enrichi les propositions technico-commerciales des entreprises de service ou d’ingénierie. Mais beaucoup d’autres processus métiers peuvent être concernés (santé, enseignement, juridique, etc.). J’espère que mon livre donnera des idées à d’autres auteurs pour prolonger ce travail de déclinaison par métier.